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ÉTUDE ARCHÉOLOGIQUE SUR L'ABBATIALE DE BOUZONVILLE
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Les églises monastiques possédaient en général plusieurs autels, chacun étant dédié à un saint différent. Ces autels secondaires et les chapelles avaient donc une fonction pratique, liée à la célébration du culte par les religieux et à la vénération des reliques des différents saints. Il était courant d'inhumer les donateurs ou bienfaiteurs dans ces chapelles. Ainsi, les sépultures d'Adalbert et de son fils Gérard se trouvaient " in choro sanctae crucis ", dans l'abside principale, et celle de la bru du fondateur, "...in choro sancti Petri...", dans une chapelle secondaire. Les travaux, effectués en 1974 dans le choeur, ont mis au jour, à une profondeur de quatre mètres, une fondation circulaire sous l'abside polygonale. Ces vestiges, en petit appareil cubique à joints larges, ont été identifiés par le chanoine Théo Louis, comme appartenant à l'édifice roman. Au cours de ces travaux, plusieurs sarcophages furent aussi exhumés dans le choeur, sans qu'il ne soit procédé, à notre connaissance, à aucun relevé archéologique.
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L'église Sainte-Croix présentait probablement un plan basilical, de type bénédictin, à trois vaisseaux et trois absides orientées, proche du plan de l'édifice actuel, qui peut avoir utilisé les fondations de l'édifice roman. Ce type de plan n'était pas rare en Lorraine. L'hypothèse d'un chevet harmonique, avec tourelles entre les absides, est peu probable compte tenu de l'exiguïté du terrain. L'église de Bouzonville devait permettre aux fidèles de vénérer les reliques de la Croix et celles des nombreux saints "...quorum inclytae in eodem sunt reconditae ", dont les illustres reliques étaient conservées. Le programme de la basilique romane était celui d'une sorte de reliquaire immense, mais ouvert à tous. L'église monastique de ce temps était à la fois l'église des moines et l'église des pèlerins.
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L'oratoire de Bouzonville, à l'écart des grandes routes de pèlerinage, n'offrait probablement pas la physionomie des églises de pèlerinage avec déambulatoire et chapelles rayonnantes. L'église ne possédait pas non plus de crypte, comme les vestiges découverts dans le choeur le prouvent. Le sanctuaire devait offrir le visage humble des églises rurales de cette époque, adaptée aux besoins d'une petite communauté. L'église romane, construite en pierre comme cela était toujours le cas dans l'architecture monastique, était probablement couverte d'une charpente, et non pas voûtée. Cette description n'est malheureusement qu'une pure conjecture car l'église romane primitive, et l'ensemble des bâtiments monastiques, furent détruits au XIVe siècle.