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ÉTUDE ARCHÉOLOGIQUE SUR L'ABBATIALE DE BOUZONVILLE
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L'étude de la nef serait incomplète si l'on ne mentionnait les fenêtres hautes murées, visibles depuis les combles latéraux. Sur les six fenêtres hautes, une seule a conservé son encadrement de grès clair. Celui ci, marqué par le feu, subsiste dans le mur nord de la nef centrale, dans la quatrième travée. Le remplage de cette grande fenêtre en arc brisé dessine deux lancettes en tiers point, redentées en trilobes et surmontées d'une rose polylobée. (dimensions des fenêtres hautes de la quatrième travée : hauteur 4,3 m, largeur 2 m avec encadrement). Malgré l'obscurité et l'enduit de mortier recouvrant les murs, on peut distinguer les traces de cinq autres baies : une fenêtre de grande dimension en vis-à-vis de la précédente, dans le mur sud de la quatrième travée, et quatre baies de dimension plus réduite, dans les murs nord et sud des deuxième et troisième travées. (dimensions approximatives des fenêtres hautes des deuxième et troisième travée : hauteur 2,4 m, largeur 2,2 m). La grande baie sud a conservé la base et quelques pierres de son encadrement, noyées parmi les moellons de remplissage. En revanche, les quatre petites baies n'ont laissé que les traces d'arrachement de leur encadrement : ceci peut indiquer, comme nous le verrons plus loin, que ces baies ont été remployées ultérieurement. Le matériau de remplissage, de même nature que les moellons du mur de la nef, ne permet pas d'avancer de datation pour le comblement. Ce matériau de remplissage semble néanmoins avoir aussi souffert des flammes au nord, ce qui indiquerait une date de comblement antérieure à l'incendie de 1684.
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La première travée, sous la tour clocher, ne possédait pas de fenêtres. Cependant, le mur nord du vaisseau central présente une porte cintrée, appareillée en pierres de taille de grande dimension (2,10m X 1,05m). Visible seulement à partir du comble nord, cette porte présente les mêmes caractéristiques que la grande fenêtre murée de la quatrième travée : ses claveaux rougis, portant les traces de l'incendie de 1684, sont détériorés par feuillage. Le matériau de comblement est identique au précédent, ce qui semble indiquer que toutes les baies ont été murées à la même époque. La porte cintrée, que rien ne permet de soupçonner à l'intérieur du vaisseau central, assurait peut-être la communication entre le dortoir des moines et le clocher. Il pourrait s'agir aussi de la porte d'accès à une tribune occidentale, dont la tradition remonte à l'époque ottonienne, et dont les exemples ne sont pas rares en Lorraine. Les retombées d'ogives sur des culs-de-lampe, différentes de celles des autres travées, pourraient accréditer cette solution. Cependant, elles peuvent aussi avoir été remaniées en 1877, au moment de la construction de la tribune d'orgue.