ÉTUDE ARCHÉOLOGIQUE SUR L'ABBATIALE DE BOUZONVILLE
30/39

EDIFICE ACTUEL

 

NEF DE L'ABBATIALE

Combles, voûtement et fenêtres hautes

Agrandissement
Agrandissement Agrandissement

En dehors des baies murées déjà décrites, il nous faut signaler l'existence d'une petite fenêtre quadrangulaire murée, dans le mur de façade du comble nord (1m X 0,8m). Le matériau de comblement diffère peu de celui utilisé pour les autres baies murées. Ce mur de façade ne révèle qu'une trace de surélévation légère, que l'on peut attribuer à une réparation de la toiture de l'époque contemporaine. La toiture fut pourtant, depuis la construction, refaite de nombreuses fois. Le type de couvrement actuel, une toiture unique à deux versants en bâtière, n'est pas celui qui fut prévu à l'origine : la présence de fenêtres hautes, nous indique que la nef fut couverte au moins à une époque de trois toitures distinctes. Seules deux grandes baies gothiques furent montées dans la quatrième travée de la nef, les autres ayant des dimensions plus réduites. Ceci semble indiquer que le projet initial fut provisoirement abandonné, au profit de la solution actuelle.

Agrandissement
Agrandissement

A une époque ultérieure, qu'il convient de préciser, des baies plus petites vinrent compléter les deux baies gothiques. Si l'on admet l'hypothèse d'un remploi des petites fenêtres hautes dans le mur des collatéraux, tout au moins dans le mur du collatéral nord masqué par le cloître en 1684, il faut placer le remontage de ces encadrements avant cette date. Le style de la seule baie restante, dans la première travée du collatéral nord, nous invite à penser qu'elle remonte au XVIe siècle, ou au début du XVIIe siècle. L'abbaye et l'église ayant été incendiées plus d'une fois avant 1684, probablement vers 1552 et vers 1630-1641, il est permis de penser que ces fenêtres furent remployées après l'un de ces incendies, à la suite d'un remaniement de la toiture. Il est tentant dès lors de placer le percement des petites fenêtres hautes dans le mur de la nef, après l'incendie de 1552, et leur remploi dans le mur des collatéraux, après celui des années 1630-1641.

Agrandissement

Contrairement à l'opinion généralement admise, rien n'indique que l'abbatiale incendiée en 1684 possédait encore trois toitures distinctes. D'autre part, aucune trace sur le mur extérieur du vaisseau central ne permet d'envisager le couvrement de l'église par des toitures en appentis sur les collatéraux, après le comblement des baies. La toiture incendiée en 1684 était donc vraisemblablement comparable à la toiture actuelle. Les clefs de voûte aux armes de Gérard d'Esch ( 1385-1413 ), et d'Arnauld Wisse de Gerbéviller ( 1451-1481 ), pourraient faire croire à un voûtement progressif et fort lent de l'abbatiale. Cette hypothèse est séduisante, mais n'est pas pleinement satisfaisante, d'un point de vue pratique. La supposition d'un voûtement tardif, au XVe siècle, est intéressante dans la mesure où elle permet d'envisager trois toitures distinctes, reposant sur des collatéraux moins élevés, adaptés aux fenêtres hautes. Les murs goutterots des bas-côtés auraient alors été surhaussés après coup, au moment du voûtement. Malheureusement , cette hypothèse ne résout pas la question des différents formats de baies, ni celui de leur comblement. Elle est surtout infirmée par la seule présence des portes d'accès aux combles latéraux, visiblement contemporaines de la construction, et qui seraient alors trop élevées par rapport aux combles en appentis des collatéraux.

Page d'Accueil