ÉTUDE ARCHÉOLOGIQUE SUR L'ABBATIALE DE BOUZONVILLE
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EDIFICE ACTUEL

 

TOUR OCCIDENTALE ET FAÇADE GOTHIQUE DE L'ABBATIALE

Ensemble de la tour

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D'aucuns ont cru reconnaître, dans la tour du clocher massive, ou dans les baies en plein cintre de celle ci, des vestiges de l'abbatiale romane. Certes, les encadrements des baies du dernier niveau ont pu être remployés. La seule baie ayant conservé sa pilette centrale, au nord, est en effet fortement marquée par l'érosion. Cependant, ce côté de la tour étant particulièrement exposé aux intempéries, il nous est difficile de déterminer si ces baies sont antérieures au XIVe siècle, ou si elles sont contemporaines de la surélévation de la tour. Mais rien ne permet de penser que la tour comporte des parties antérieures au XIVe siècle. Si nous supposons la tour préexistante, l'évidement de sa base sur la hauteur du vaisseau, et le voûtement sur croisées d'ogives de la première travée, bien que techniquement possible, eût été une opération difficile, coûteuse, certainement aberrante.


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A l'époque gothique, cette tour enjambait peut-être une tribune occidentale, comme pourrait l'indiquer la porte murée dans le comble nord. Aucune autre trace à l'intérieur de la nef ne permet toutefois de l'affirmer avec certitude. L'aspect de la porte du second niveau de la tour, dans le comble central, est identique à celui des portes des tourelles. Cependant, cette porte a été élargie d'environ trente centimètres, et son linteau bombé, pourtant massif (40cm X 100cm), a du être soutenu par une poutrelle métallique. La feuillure en partie visible se trouve, comme les autres portes, du côté des combles.


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D'après le rapport d'expertise de 1715, qu'il faut considérer avec la plus grande réserve, la reprise en sous-oeuvre de la tour est précisément évoquée, sans qu'il soit possible d'affirmer qu'elle eut lieu : " Il est indispensablement nécessaire de restablir en nouvelle taille les trois arcs doublaux de la tour dont les pierres ont été calcinées par le feu d'une incendie arrivée en 1683 et de restablir aussi deux croisées de la tour au plus haut estage, puisque le feu ayant tellement gagné, que toute la charpente réduite en cendre a fait fondre les cloches." Ces trois arcs ont-ils été réellement remplacés? Ce n'est pas certain. Quant aux deux croisées au dernier étage de la tour, elles ne furent peut-être pas remplacées : seule une baie a conservée sa pilette centrale. En revanche, nous trouvons à tous les étages, en triste état il est vrai, les " madriers et autres pièces de charpente ", souhaités dans l'expertise.


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Une partie de ces travaux couvrent vraisemblablement la consolidation de la tour clocher, surélevée probablement à la fin du XVIIe siècle. Alors que le revêtement intérieur de la tour, de mortier et de ciment, ne permet pas de déceler de changement d'appareil, les chaînes d'angles harpées, de couleur différente au niveau de la chambre des cloches, permettent en effet de conclure à une reconstruction du sommet de la tour. L'église reçut dans le courant du XVIIIe siècle sa toiture à bulbe et lanternon, probablement différente de la toiture d'origine. Cette toiture, refaite en 1949, présente une ressemblance avec celles des tourelles de chevet de l'abbatiale de Saint-Avold, érigée de 1755 à 1769. Les liens étant étroits entre les deux abbayes, l'effet de mimétisme à vraisemblablement joué. La reconstruction du sommet de la tour eut lieu entre 1683 et 1777, date de la pose d'un nouveau beffroi, probablement vers 1695 , avant l'édification de l'avant-corps de façade. En effet, l'avant-corps construit en 1715 vint probablement consolider la tour qu'une surcharge excessive avait fissurée.


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D'après l'expertise de 1715, le parement en grand appareil de grès rouge, visible sous le porche d'entrée et dans l'avant-corps de façade, fut également restauré sur une hauteur de quatre pieds. Nous noterons enfin la présence de l'embrasure biaisée d'une petite baie, murée sans doute à ce moment avec des moellons, dans le mur sud du clocher, et qui permettait de surveiller l'accès au monastère, depuis le premier étage de la tour.


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