ÉTUDE ARCHÉOLOGIQUE SUR L'ABBATIALE DE BOUZONVILLE
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EDIFICE ACTUEL

 

AVANT-CORPS DE FAÇADE DE L'ABBATIALE

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La datation de cette partie est plus aisée : la requête du 21 octobre 1715, de l'avocat des religieux auprès de la cour souveraine de Lorraine, est suffisamment explicite. Après un bref rappel des circonstances de l'expertise de juin 1715, et de ces conclusions concernant notamment les réparations à la tour et au portail, l'avocat des religieux, maître Chaffer, précise que compte tenu de la nécessité urgente de faire incessamment les dites " réparations ", et " pour prévenir de plus grands accidents ", les religieux " ont aussitot fait étayer ladite tour et ledit portail, ont fait construire deux murailles et arcs boutans pour appuyer laditte tour du costé de leur couvent...". Or aucun des côtés de la tour ne possède d'arcs boutants : il s'agit sans doute des murs de refend des deux parties de l'avant-corps, qui sont ici qualifiées de " murailles ". Il ajoute que ces réparations " deviendraient inutiles si l'on ne continuait à appuyer laditte tour de tout costé en la réparant presque à neuf,(...),comme aussi si on ne continuait pas à réparer ledit portail et autres réfections nécessaires marquées dans l'expertise desdits Sieurs Bugnon et Ménager..."


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Les travaux de soutènements de la tour, réellement nécessaires, permirent donc aux religieux de construire un corps de bâtiment intercalaire, entre la façade gothique de l'église, et le péristyle qui fut construit immédiatement après dans l'axe de l'aile ouest du cloître. Les pilastres de ce péristyle, " éclairé par quatre grandes travées ", sont encore visibles sur la façade de l'avant corps. Des photographies de la façade de l'église, prises au début du XXe siècle, montrent qu'un arc doubleau de la galerie occidentale, pris dans la maçonnerie du bâtiment sud, était toujours visible. Sur la façade actuelle, il faut faire abstraction de l'arc en anse de panier qui surmonte les pilastres de l'entrée : il fut ajouté vers 1932, en même temps que la clef d'arc sculptée aux armes de la commune.


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Depuis la destruction de cette galerie en 1808, l'avant corps a perdu en partie sa fonction. Il faillit disparaître en 1875, avec le projet de façade néogothique, mais fut conservé pour son rôle de soutenement, servant de cage à l'escalier de la tribune d'orgue, en 1877. Sous le porche d'entrée de l'avant-corps, une petite porte latérale fut percée après 1855, certainement vers 1877. Les deux portes intérieures donnant dans l'avant-corps, devaient être les seuls accès aux deux pièces de celui-ci. Percées au moment de la construction de l'avant-corps, elles n'ont pas d'encadrement mouluré à l'intérieur de celui ci, côté ouest. En revanche, à l'intérieur de l'église, elles offrent des encadrements classiques, soulignés par une mouluration élégante : un entablement à frise bombée, coiffé d'un fronton circulaire coupé, repose sur des quarts de pilastres doriques. Des armoiries sculptées, semblables à celles du portail occidental, devaient se trouver entre les arcs du fronton. Une lumière rasante fait en effet apparaître, au revers du mur de façade, la trace de l'emplacement d'un blason.


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L'ensemble de ces travaux, " réparations, ou plutôt en quelque manière réédification de l'église ", selon les termes de maître Chaffer, fut mené rapidement : le plan de 1733 montre le péristyle, menant vers la cour abbatiale, aligné sur l'aile ouest du cloître. Ce document et les vestiges actuelles nous laissent imaginer l'aspect de l'abbatiale au XVIIIe siècle : l'habillage classique masquait alors tout le flanc sud, percé d'un nouveau portail, et le flanc occidental, agrémenté d'une galerie à l'ordonnance toute classique, et d'un portail aux armes de l'abbé commendataire.


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L'aspect esthétique de l'abbatiale, au goût du jour, devait convenir aux officiers municipaux de Bouzonville : en 1788, dans le cadre de la création d'une paroisse dans le bourg, ils choisirent un projet qui s'inspire visiblement de l'église Sainte-Croix. Celui-ci présente une tour dans oeuvre, coiffée d'un bulbe, et une chapelle absidiale. Son élévation latérale aussi, à baies cintrées, était proche de celle de l'abbatiale, qui n'avait pas encore reçu ses baies néogothiques.


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