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ÉTUDE ARCHÉOLOGIQUE SUR L'ABBATIALE DE BOUZONVILLE
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Les données historiques et l'étude monumentale, à la fois architecturale et archéologique, nous permettent de proposer une chronologie relative, voire absolue, pour la construction et les aménagements de l'édifice. Le terminus a quo pour la reconstruction de l'abbatiale, nous est donné par la bulle pontificale de Clément VI du 16 mai 1343 : les travaux commencèrent probablement peu de temps avant, vers 1342 si notre hypothèse concernant la destruction est exacte. En 1345, la clef de voûte du choeur nous indique que l'abside centrale était déjà voûtée. Les tours et les absidioles, qui épaulent le choeur, furent probablement élevées en même temps, avant 1350.
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L'élévation de l'absidiole nord, et son voûtement en pénétration, semble indiquer que celle-ci fut achevée, pour une raison qui nous échappe, après les deux autres absides. S'écroula-t-elle peu de temps après l'achèvement des travaux, pour être aussitôt reconstruite? Fut-elle construite en même temps que le choeur, dans un style plus soigné, ou encore achevée légèrement après? Nous ne trancherons pas sur ce point : il semble néanmoins certain que l'absidiole septentrionale fut achevée, au plus tard, dans le troisième quart du XIVe siècle. Les travaux, commencés par l'abside centrale, avancèrent d'est en ouest, la construction se faisant progressivement travée par travée.
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Vers 1350, le projet initial des fenêtres hautes fut abandonné, au profit de la solution actuelle de toiture unique. Les deux fenêtres de la quatrième travée indiquent que le mur du vaisseau central était terminé dans cette travée, et que la charpente pouvait être déjà posée. La construction des trois premières travées, et de la tour clocher, alors à trois niveaux, devait être bien avancée. Leur construction dut s'achever dans la décennie, et la charpente devait couvrir l'édifice vers 1360. Les travaux de voûtement ont pu s'effectuer rapidement, pour se terminer vers 1365, peut-être par l'absidiole nord.
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Le terminus ad quem de la construction reste hypothétique, et demanderait à être confirmé par de nouvelles sources. Cependant, l'hypothèse d'une construction sur deux ou trois décennies semble tout à fait raisonnable. A titre de comparaison, la reconstruction de l'abbatiale du riche monastère bénédictin de Canterbury, incendié en 1174, pris seulement une dizaine d'années. La relative lenteur des travaux à Bouzonville s'explique, d'une part par les faibles moyens de l'abbaye à cette époque, d'autre part par la reconstruction simultanée des bâtiments monastiques, également incendiés. La construction s'acheva donc avec la mort de son maître d'ouvrage Gutzon de Wiskirch ( 1342-1366 ). Ses successeurs se contentèrent, comme nous l'avons montré, de faire figurer leurs armes sur les clefs de voûte du vaisseau central, puis des collatéraux.