| ETUDE
HISTORIQUE SUR L'ABBAYE DE BOUZONVILLE |
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Avant d'étudier plus avant ce document, nous essaierons de faire la lumière sur le fondateur de l'abbaye. Tout d'abord, nous noterons qu'il ne s'agit pas du premier duc de Lorraine du même nom, mais de son aïeul, le comte Adalbert d'Alsace. Celui-ci serait le fils d'Eberhard, comte de Metz. Il semble qu'il y eut très tôt dans les textes, une confusion plus ou moins volontaire entre Adalbert d'Alsace et son petit-fils, le duc Adalbert de Lorraine, nommé en 1047 par Henri III ( 1017-1056 ), et frère de Gérard d'Alsace. Le fondateur de l'abbaye, Adalbert d'Alsace, apparenté à la famille impériale, possédait des terres dans toute la Mosellane, en particulier dans le Saintois, le Chaumontois, le pagus Saroensis et bien sûr le pagus Nidensis. Adalbert d'Alsace naquit dans la seconde moitié du Xe siècle, et mourut dans la première moitié du XIe siècle, après avoir fondé l'abbaye Sainte-Croix. Il existe une controverse au sujet de la date de sa mort, dans laquelle nous n'entrerons pas. Adalbert et son épouse Judith de Luxembourg eurent au moins deux enfants : Gérard, comte de Metz, et Oda. Gérard, époux de Gisèle, fut le père d'Adalbert et de Gérard d'Alsace, les futurs ducs de Lorraine. Oda fut abbésse de Remiremont, abbaye concédée à cette famille à la fin du Xe siècle, par l'empereur Otton III. Le comte Adalbert et son fils furent, comme nous l'avons dit, inhumés dans l'abbaye de Bouzonville, " in choro sanctae crucis ", quant à la comtesse Judith, elle le fut " in medio monasterii ". Leurs sépultures ne laissèrent pas de traces, ou plus exactement ne furent pas identifiées, car de nombreux sarcophages furent exhumés à l'occasion de travaux, dès le XVIIIe siècle, dans le choeur et la nef de l'abbatiale.