| ETUDE
HISTORIQUE SUR L'ABBAYE DE BOUZONVILLE |
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Outre les ressources foncières, en nature ou en numéraire, liées à la réserve seigneuriale et aux tenures, l'abbaye percevait la dîme et possédait plusieurs moulins, fours et bâtisses dans diverses localités. L'administration de ces biens, placés sous la haute protection du duc de Lorraine, était de fait confiée à des sous-voués. Les chroniques religieuses dépeignent souvent les exactions commises par ces derniers, et les pertes de revenus qu'elles entraînaient pour les établissements monastiques. Les bénédictins de Bouzonville ne furent pas épargnés, ils s'en plaignirent souvent auprès des ducs de Lorraine, dès le début du XIIe siècle. Lorsque cette démarche ne suffisait pas, les religieux se tournaient vers leur seigneur temporel, l'évêque diocésain. En 1184, l'évêque de Metz Bertram ( 1180-1212 ) intervint ainsi contre les pratiques fâcheuses des sous-voués. A partir du pontificat de Calixte II ( 1119-1124 ), ils firent directement appel à la curie romaine. Aussi, les papes Alexandre III ( 1159-1181 ) et Innocent III ( 1198-1216 ) scellèrent-ils successivement des bulles confirmant l'abbaye Sainte-Croix dans la possession de tous ses biens. En dernier recours, les religieux pouvaient forger de faux actes, telle la charte d'Etienne de Bar, évêque de Metz ( 1120-1162 ), censée confirmer à l'abbaye de Bouzonville une donation faite par le duc Simon Ier ( 1115-1139 ).