ETUDE HISTORIQUE SUR L'ABBAYE DE BOUZONVILLE
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EPOQUE MEDIEVALE : DU MONASTERE DU XIe SIECLE A LA CONSTRUCTION DE L'ABBATIALE GOTHIQUE ( 1070-1497 )

DESTRUCTION DU MONASTERE ET RECONSTRUCTION DE L'ABBATIALE GOTHIQUE ( 1340-1497 )

Destruction du monastère ( c.1342 )

Cet épisode tragique de l'histoire de l'abbaye nous est connu grâce à une bulle du pape Clément VI ( 1342-1352 ). Cette bulle d'indulgences du 16 mai 1343, rédigée à Avignon, siège de la papauté de 1309 à 1378, faisait suite à une supplique du duc de Lorraine, Raoul (1329-1346). Celui-ci avait en effet demandé au pape d'accorder des indulgences, afin de faciliter la collecte de fonds pour la réédification de l'église Sainte-Croix. La bulle de Clément VI comportait plusieurs points; le premier accordait au duc l'absolution pour ses hommes, qui à cause des guerres, avaient mis le feu et incendié des églises et des bâtiments ecclésiastiques. De quel conflit s'agissait-il, sinon de la lutte qui l'opposa à l'évêque de Metz en 1342-1343? Depuis la fin du XIIIe siècle, les ducs de Lorraine ne cessaient de progresser vers le pays du sel, possession de l'évêché. En 1340, le duc Raoul fit édifier un château, à l'emplacement de la future ville de Château-Salins, pour protéger ses acquis. En réaction, l'évêque de Metz Adhémar de Monteil ( 1327-1361 ) éleva la contre-foteresse de Beaurepaire : la guerre était inévitable. Le troisième point de la bulle pontificale concernait directement le monastère de Bouzonville : "...Idem [Radulphus dux Lothoringie et marchio] supplicat, quatinus concedantur alique indulgentie omnibus vere penitentibus et confessis, qui porrexint manus adiutrices ad reedificationem ecclesie et domus monasterii de Bosonville Met. dioc. Ord. S. Benedicti eiusque monasterii aliorum edificatiorum propter guerras destructorum. Concedit papa indulgentias unius anni et unius quadragene ad decennium...". Le pape accordait donc une indulgence d'un an et quarante jours à tous ceux qui, après s'être confessés, contribueraient à la réédification de l'église et du monastère, ou " domus monasterii ", de Bouzonville, ainsi qu'aux autres édifices du monastère, "...propter guerras destructorum...", détruit par la guerre. La faveur ne devait pas valoir au-delà de dix ans, ni être communiquée par des quêteurs. L'église romane, contemporaine de la cathédrale messine que l'évêque Thierry II consacrait vers 1040, le monastère et ses dépendances, furent donc détruits entre 1340 et 1343. Le duc Raoul, fondateur en 1339 de la collégiale Saint-Georges de Nancy, et surtout haut voué de l'abbaye de Bouzonville, n'est certainement pas l'auteur de cette destruction, imputable vraisemblablement à l'évêque de Metz et à ses alliés. Cette possession ducale septentrionale constituait en effet une proie de choix pour ces derniers, en particulier pour le comte de Deux-Ponts. Le conflit, arbitré par Jean de Bohème ( 1309-1346 ), fut réglé en deux temps : il y eut tout d'abord un accord entre le comte de Bar et le duc de Lorraine, le 1er février 1343, puis un accord entre ce dernier et l'évêque de Metz, le 12 avril 1344. La Commune Trêve assurant une paix provisoire, même précaire, l'abbaye pouvait renaître de ses cendres.

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