ETUDE HISTORIQUE SUR L'ABBAYE DE BOUZONVILLE
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EPOQUE MEDIEVALE : DU MONASTERE DU XIe SIECLE A LA CONSTRUCTION DE L'ABBATIALE GOTHIQUE ( 1070-1497 )

DESTRUCTION DU MONASTERE ET RECONSTRUCTION DE L'ABBATIALE GOTHIQUE ( 1340-1497 )

Reconstruction de l'abbatiale et des bâtiments monastiques

Financement des travaux

Quelle que fût l'origine de cette destruction, l'abbatiale devait être reconstruite. Les indulgences, accordées par Clément VI, permirent d'entreprendre rapidement les travaux. Toutefois, contrairement à l'opinion généralement admise, l'église était loin d'être terminée en 1345. L'abbé Gutzon ( 1342-1366 ) n'a probablement pas vu les travaux totalement achevés. Seul le choeur, l'abside principale, peut être daté de 1345. L'étude archéologique de l'abbatiale, que nous aborderons dans le volet archéologique, nous permettra de dater les autres parties de l'édifice, aucun autre document, à notre connaissance, ne permettant de le faire. Nous pouvons toutefois imaginer ce chantier rural, à partir de quelques données historiques. L'ampleur du chantier de Bouzonville n'avait rien de commun avec celui de la cathédrale du diocèse, mais l'abbé Gutzon dut rencontrer les mêmes difficultés financières, que son évêque Adhémar de Monteil. L'endettement de celui-ci est symptomatique de la crise financière qui touchait l'église, tant séculière que régulière, au XIVe siècle.

L'abbé Gutzon ne pouvait donc compter que sur les ressources propres, déjà évoquées, du monastère. Or celles-ci n'étaient pas considérables : en 1327, l'abbaye ne paya que six livres aux collecteurs de la Chambre Apostolique, et à peine plus, six florins, en 1360. L'abbaye, après s'être probablement tournée vers le duc de Lorraine, fit appel à la foi des fidèles, toujours vive à cette époque. En plus de la vente d'indulgences concédées par Clément VI, les moines eurent probablement recours à des quêtes, organisées à l'occasion de l'ostension des reliques conservées par l'abbaye, pour réunir les fonds nécessaires à la Fabrique. Un trésor monétaire de soixante-dix pièces d'argent et de dix pièces d'or des XIVe et XVe siècles, découvert près de l'église, témoigne de l'activité de cette époque. A la fin du XVe siècle, en 1481, la situation financière ne semblait pas s'être améliorée : " Dépouillés, réduits à la misère, les religieux ont [ eu ] recours au duc de Lorraine, qui [ accorda ] au vingtième abbé Nicolas Rasoris, la crosse, le calice, et le livre ".

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