| ETUDE
HISTORIQUE SUR L'ABBAYE DE BOUZONVILLE |
19/42 |
![]() |
En plus de ces problèmes financiers, l'église traversait une grave crise morale : la décadence dont était frappé le clergé séculier n'épargna pas le clergé régulier, et en particulier les moines bénédictins. L'ordre de Saint-Benoît, contrairement aux ordres nouveaux, ne créait plus de nouvelles abbayes, et les effectifs de tous les monastères diminuaient. L'abbaye de Senones ne comptait plus que six religieux en 1420. L'abbaye de Bouzonville, qui comptait huit religieux en 1186, n'en réunissait plus que cinq en 1413, au moment de l'élection du nouvel abbé Jean Risch de Wiskirchen (1413-1451). Les épidémies périodiques qui couvèrent en Lorraine durant tout le XIVe siècle, la peste noire de 1349 et ses soubresauts, les disettes et famines endémiques expliquent en partie cette situation de crise. Il faut attendre le XVe siècle pour que la communauté s'étoffe de nouveau : au moment de l'élection de l'abbé Ferry de Dieuze ( 1497-1505 ), l'abbaye Sainte-Croix avait retrouvé un effectif normal de neuf religieux. La destruction, puis la reconstruction de l'abbaye, restent les faits marquants de cette époque, dont l'église actuelle demeure le seul témoin. A l'aube des temps modernes, l'histoire de l'abbaye n'était pas encore scellée; le monastère de Bouzonville allait connaître de nouvelles vicissitudes...