ETUDE HISTORIQUE SUR L'ABBAYE DE BOUZONVILLE
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EPOQUE MODERNE : DE L'EDIFICE MEDIEVAL AUX RECONSTRUCTIONS MODERNES DES XVIIe ET XVIIIe SIECLES ( 1497-1789 )

 

DECLIN ET REFORME DE LA VIE MONASTIQUE ( 1497-1616 )

Relâchement de la règle

L'absence de moralité du clergé dénoncée depuis le XIVe siècle par des prélats indignés restait toujours d'actualité en ce début de XVIe siècle. Pour enrayer ce mal et un mal pis encore à ses yeux, le mouvement de la Réforme, l'église catholique, réunie en concile à Trente entre 1545 et 1563, définit une nouvelle politique. La Lorraine, où le luthéranisme n'avait pas rencontré un terrain favorable, allait devenir la clef de voûte de la " dorsale catholique " de l'Europe. Mais avant que les effets de la politique Tridentine ne se fassent sentir à l'extrême fin du XVIe siècle, la crise continua à couver. L'abbé de Senones Dom Calmet résume ainsi la situation : " La plupart des anciens ordres religieux étoient tombez dans le relâchement. Les guerres civiles, et les nouvelles hérésies avoient introduit la corruption des moeurs et la licence des opinions parmi les peuples et dans le clergé... ". Le tableau étant incomplet, il poursuit plus loin : " La plupart des monastères qui étoient auparavant des Azyles de l'innocence, et des sanctuaires de vertu, étoient devenus des cavernes de voleurs, et des lieux de dissolutions... ".

Dès 1532, le duc Antoine de Lorraine ( 1508-1544 ), devant la chute des effectifs de l'abbaye Sainte-Croix, fixa arbitrairement le nombre des religieux à douze. Il permit toutefois à dix d'entre eux de demeurer en des maisons privées du bourg. Cette mesure est révélatrice de la liberté des moeurs des religieux à cette époque. L'abbaye fut peut-être incendiée en 1552 par les troupes de Charles Quint, ce qui, dans cette éventualité, ne dut pas encourager les religieux à réintégrer leur maison conventuelle. L'effectif de la communauté ne semble pas s'être étoffé avant la fin du siècle : cinq profès seulement sont présents en 1599, au moment de la signature d'un acte par l'abbé Jean Sellier ( 1589-1616 ). Un événement allait défrayer les chroniques de l'abbaye à la fin du XVIe siècle. En 1597, des cavaliers de la compagnie du gouverneur de Metz, M. De Sobolle, volèrent les reliques de la croix et tous les objets du culte en métal précieux de l'abbaye. L'abbé et le procurateur étant les seuls à résider la nuit à l'abbaye, ce vol fut grandement facilité. L'abbé Sellier déposa une plainte tardive en 1603, contre le capitaine de la garnison, "...pour courses et pilleries sur les terres de l'abbaye ". Ce dernier fut acquitté en 1605, et le plaignant condamné aux dépens. Ce fait divers révèle la déchéance dans laquelle était tombée l'abbaye.


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