| ETUDE
HISTORIQUE SUR L'ABBAYE DE BOUZONVILLE |
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Un quart de siècle plus tard, en 1715, le prieur Dom Philippe Loumont et les religieux écrivirent à la prévôté bailliagère de Bouzonville, que le portail et le clocher de l'église menaçaient ruine, afin d'obtenir une visite d'expertise. Le sieur Renel, prévôt de Bouzonville, ordonna une visite le 15 juin 1715, nommant d'office Didier Bugnon, premier géographe, architecte et ingénieur du duc Léopold, et Daniel Ménager, architecte ordinaire de Bouzonville. Nous étudierons plus loin le contenu du procès-verbal d'expertise dressé par les deux experts. Aussitôt après cette visite, les religieux écrivirent à leur abbé commendataire, Alexis de Nassau Siegen (1706-1734), pour demander une participation financière aux travaux " de réparation ". Devant le silence de leur abbé, alors en résidence à Bruxelles, les religieux entreprirent sans attendre les travaux, et engagèrent une procédure juridique contre ce dernier. Le 21 octobre 1715, ils obtinrent de la chambre du Conseil de Nancy, l'autorisation de saisir la mense abbatiale, afin d'y prélever une somme égale aux deux tiers des réparations de l'église, cote part de l'abbé, selon le régime de séparation des menses abbatiale et conventuelle. Les réparations, "...ou plutôt en quelque manière réédification de l'église " selon les termes de l'avocat des religieux, maître Chaffer, furent menées rondement.
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En 1718, dans un mémoire touchant au projet de création d'un évêché à Saint-Dié, Dom Ph.Loumont affirma que leur abbatiale ressemblait "...plutôt à une écurie qu'à une église..." ce qui prouve incidemment que les travaux progressaient. Ces travaux n'empêchèrent, par ailleurs, nullement les religieux d'inaugurer, en 1717, un nouvel orgue commandé deux ans plus tôt au facteur Christophe Moucherel, pour remplacer l'ancien " devenu vétuste "... Dans le cadre du projet de création d'un évêché à Saint-Dié, souhaité par le duc Léopold, il fut question en 1717 d'unir la mense abbatiale de Bouzonville, aux bénéfices du futur siège épiscopal. L'année suivante, les bénédictins de Bouzonville assortirent leur consentement de certaines conditions: à la suite de la procédure intentée contre lui, l'abbé commendataire avait consenti à donner sept cents livres par an, pour payer les réparations mentionnées précédemment. Cette somme, jugée insuffisante par la communauté, devait être portée à mille livres annuelles, par le futur abbé, et délivrée perpétuellement pour "...entretenir ladite église pour l'avenir...". La maison abbatiale et ses dépendances devaient de surcroît leur être adjugées en tout droit de propriété à perpétuité, car le sieur abbé aurait "...encore six mille livres et plus de rente chaque année...". Le duc Léopold opposa à cette requête une fin de non recevoir et, en raison de l'attitude de la communauté, supprima son aide personnelle à l'abbatiale. Le projet resta en suspens pendant près de soixante ans, pour se concrétiser en 1777, avec la création des évêchés de Nancy et de Saint-Dié, sans incidence cette fois sur l'abbaye de Bouzonville.
A cette époque, le clocher de l'abbatiale bien rétablie reçut un nouveau beffroi, conçu pour quatre cloches. La plus ancienne cloche, fondue au XVIIe siècle, porte l'inscription suivante :
" ANNA VOCOR QUAE DUM VIRGINEAM PROLEM SINE LABE CONCEPTAM JUBILANTI SONO CIRCUMFERO FELICEM MORTALIBUS INCHOATAE SALUTIS HORAM ANNUNTIO ET ANNUM. 1697."
L'ensemble des réparations et des aménagements de l'abbatiale semble donc avoir été achevé dans le premier tiers du XVIIIe siècle, l'aménagement intérieur du sanctuaire se poursuivant jusqu'à la Révolution.