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ÉTUDE STYLISTIQUE SUR L'ABBATIALE DE BOUZONVILLE
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Dès le XIIIe siècle, l'art gothique, d'influence française, s'imposa en Lorraine sur les grands chantiers, notamment ceux des cathédrales de Metz ( 1220 ) et de Toul ( 1221 ). De cette manière, " l'opus francigenum ", né en Ile-de-France et relayé par la cathédrale de Toul, rayonna vers la Rhénanie. Dès le XIIe siècle, les voûtes sur croisées d'ogives firent leur apparition, se substituant parfois aux voûtes romanes, et surtout aux charpentes d'un usage plus fréquent. Ainsi, à l'ancienne abbatiale de Saint-Dié ( 1155 ), aux caractères romans marqués, nous trouvons dès 1170 un voûtement d'ogives, qui sera aussi utilisé peu de temps après dans la nef de Liverdun ( 1184 ). Ce nouveau type de voûtement n'entraîna pas immédiatement de modifications profondes dans le parti d'élévation des nouveaux édifices. Il faudra attendre le XIIIe siècle, et l'ouverture des grands chantiers épiscopaux, pour voir le style gothique s'épanouir sur notre sol. Cet élan bâtisseur ne se tarira qu'à la fin du XIVe siècle, avant de renaître un siècle plus tard. A l'époque de la reconstruction de l'abbatiale Sainte-Croix, Notre-Dame d'Avioth ( XIIIe-XIVe siècle ), église de pèlerinage de plan caractéristique, s'érigeait dans l'archidiocèse de Trèves, attestant de la maturité du style gothique à cette époque. Cette église est cependant fort éloignée de l'abbatiale Sainte-Croix, dont les racines se plongent dans un terreau différent, mais non moins fertile, qu'il convient d'étudier.