ÉTUDE STYLISTIQUE SUR L'ABBATIALE DE BOUZONVILLE
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UNE ELEVATION ORIGINALE

Chevet de l'abbatiale : un chevet à tours jumelées

Agrandissement

Les tours jumelées du chevet de l'abbatiale de Bouzonville sont pour le moins originales. Le schéma de chevet à tours jumelées est ancien. Les bâtisseurs ottoniens, ont semble-t-il, transmis ce thème à leurs successeurs romans. Très vite, il se diffusa dans les terres d'empire et en France, principalement à partir du XIe siècle. Il faut distinguer deux types de tours de chevet jumelées. Certaines tours sont évidées à la base, et munies de tribune; Elles sont intégrées au volume intérieur des édifices, et peuvent avoir une fonction liturgique. D'autres, faisant fonction de tourelles d'escalier, sont extérieures au chevet, et n'ont aucune fonction liturgique. La France septentrionale vit s'ériger de nombreux chevets à tours jumelées, à Paris, Morienval, Noyon, ou Valenciennes. Toutes ces tours franco-champenoises s'intégraient au volume intérieur des édifices.


Saint-Vincent de Metz

Dans la province ecclésiastique de Trèves, l'abbatiale Saint-Maximin de Trèves ( 934-949 ) offrit un modèle à la cathédrale ottonienne de Verdun, aux abbatiales Saint-Michel de Saint-Mihiel ( XIe ) et Saint-Matthias de Trèves, reconstruite en 1127 sur ses fondations, ainsi qu'à la priorale de Merzig ( c.1200 ). Les bases de ces tours, ouvertes sur le choeur ou le transept, pouvaient avoir une fonction liturgique. A l'époque gothique, ce schéma de chevet se rencontre à la cathédrale de Toul ( 1221-1296 ), peut-être reconstruite sur le plan ottonien, et à l'abbatiale bénédictine Saint-Vincent de Metz ( 1248-1251 ), qui ne sera consacrée qu'en 1376, et qui conserva aussi son plan ottonien. Ce type de tour de chevet avec base évidée, commun à l'école romane Trèviroise-Lorraine, allait disparaître avant la fin du XIIIe siècle en France. Le second type de tours de chevet jumelées, faisant fonction de tourelles d'escalier, dont le prototype est aussi l'abbatiale de Trèves, se retrouve à la cathédrale ottonienne de Metz, qui semble avoir été la première fille architecturale de Saint-Maximin de Trèves, puis à celle de Spire. Il est possible que le prototype trévire de ces tours trouva un terrain favorable dans la région, et que le modèle rayonna ensuite de Lorraine vers l'ouest français, mais aussi vers le nord rhénan. Ce type de tours de chevet se perpétua plus longtemps que le premier en Lorraine et en Allemagne. Il semble que l'abbatiale Sainte-Croix de Bouzonville soit l'ultime représentante de ce thème architectural ancien, sur le sol Lorrain.

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