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L'histoire mouvementée de l'abbaye Sainte-Croix
s'est inscrite profondément dans la physionomie générale
de l'ancienne église abbatiale et de son cloître. Il
n'est donc pas surprenant de lire les traces des ses avatars successifs
dans l'architecture de l'édifice actuel. Il est tentant de
regretter les destructions passées, et les aménagements
modernes, ayant modifié l'aspect originel de l'édifice.
Il faut cependant garder à l'esprit le fait que ces transformations,
parfois regrettables, mais toujours liées à l'usage
quotidien de l'édifice, ont pu sauver l'église, le
cloître et ses bâtiments annexes, de l'abandon, voire
de la destruction. Les exemples d'édifices anciens, ayant
perdu leur fonction originelle, détruits sous couvert de
vétusté, ne sont pas rares.
Nous pouvons donc nous réjouir que l'église
et son cloître, en l'absence de toute protection, n'aient
pas subi plus d'outrages. Pour des raisons historiques en partie
liées à l'annexion de 1870, et à une prise
de conscience tardive de ses qualités architecturales, l'édifice
ne fut inscrit sur la liste supplémentaire des Monuments
Historiques qu'en 1980 et classé en 1999. Il rejoignait ainsi,
avec quelque retard, les 24000 monuments déjà classés
en France.
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