LORRAINE, TERRE D'ART ET D'HISTOIRE
LORRAINE, TERRE D'ART ET D'HISTOIRE
8/11  
LES THÉÂTRES EN LORRAINE
DE LA RENAISSANCE À LA RÉVOLUTION

ÉTUDE DU THÉÂTRE À LA COUR DE LORRAINE AU DÉBUT DU XVIIIe SIÈCLE


PRÉAMBULE À L'ÉTUDE DU THÉÂTRE DANS LE FONDS DE VIENNE


Cette recherche n'étant que le prélude à une étude plus approfondie des documents, nous ne nous livrons pas dans ces pages à une analyse critique systématique des documents. En revanche, nous avons essayé de dégager de cette étude quelques observations utiles pour la recherche historique. Nous voulions trouver de nouveaux documents relatifs au théâtre dans le fonds " de Vienne ", conservé aux Archives départementales de Meurthe-et-Moselle (Lorraine). Nous n'avons rencontré au cours de nos recherches bibliographiques, portant sur le Théâtre en Lorraine au XVIIIème siècle, qu'une seule mention de ce fonds. Or la période couverte par ces archives, principalement le premier tiers du XVIIIème siècle, correspond à une phase d'intense activité théâtrale à la cour ducale de Lorraine. Ce simple constat nous a décidé à accorder une attention particulière à ce fonds. Nous exposons ici notre méthode de recherche et nos résultats.


 

1 RECHERCHES BIBLIOGRAPHIQUES PRÉLIMINAIRES


1.1 HISTORIQUE DU FONDS


Un aperçu bibliographique rapide sur le fonds " de Vienne " semble nécessaire avant de commencer sa présentation. Ce fonds a fait l'objet de plusieurs études. Le mémoire de Dieterlen rédigé avant le rapatriement des archives en France est aujourd'hui dépassé. La consultation de l'article de Bittner ne nous a pas paru indispensable.. Le guide d'Hubert Collin est en revanche fort utile. L'auteur souligne l'importance de ce fonds pour les historiens de la période et rappelle les conditions historiques originales ayant présidé à sa constitution. Outrepassant les termes de la clause de la convention de Vienne du 28 août 1736, qui lui accordait seulement les titres de famille, François III préleva une partie des archives ducales conservées dans le Trésor des Chartes et dans les bureaux de l'État lorrain à Lunéville. Après maintes vicissitudes, celles-ci furent versées dans les " Archives secrètes de la maison de l'État " à Vienne, où elles restèrent jusqu'en 1923, date de leur retour à Nancy. Cet historique pourra être complété par la présentation du fonds de l'inventaire de Pierre Marot.



1.2 CONSTITUTION DU FONDS " DE VIENNE "


Après la mort de François III, le fonds fut enrichi par les papiers du comte de Richecourt, gouverneur de Toscane, des papiers du frère de Léopold, archevêque de Trèves et des papiers de Charles Alexandre de Lorraine, frère de François, gouverneur des Pays-Bas. Conservé aux archives départementales de Meurthe-et-Moselle, le fonds est classé dans la sous-série 3 F qui compte 502 articles allant du XIème au XVIIIème siècle. Les pièces concernant directement la dynastie Lorraine-Habsbourg sont restées à Vienne, mais furent en partie microfilmées en 1954. Ces lectures préliminaires nous ayant permis d'entrevoir la composition du fonds, les recherches sur le terrain pouvaient commencer.



2 RECHERCHES ARCHIVISTIQUES


Tout travail de recherche sur des fonds d'archives exige de la part du chercheur, de la méthode, un bon esprit critique et, il faut l'avouer, beaucoup de temps. Pour illustrer ce constat, nous avons présenté notre recherche sur le " fonds de Vienne " en décrivant parallèlement notre méthode et nos résultats.

 

2.1 PREMIÈRE PHASE DE DÉPOUILLEMENT


Cette phase doit permettre au chercheur de faire un tour d'horizon complet des sources disponibles dans le fonds étudié.


2.1.1 Sélection des liasses


Un rapide examen de l'état du fonds donné par l'inventaire sommaire, nous fit retenir provisoirement douze groupes de liasses, regroupées par thème dans l'inventaire. Deux critères ont été déterminants : la période couverte par les liasses et leur contenu. L'opéra de Léopold ayant été construit entre 1707 et 1709, notre attention se porta plus particulièrement sur les archives couvrant cette période. Théâtre de cour, il fut financé par les finances ducales et vraisemblablement par le duc lui-même, sur sa cassette personnelle. Nous retînmes donc a priori les liasses concernant les finances et la cassette ducale, ainsi que celles concernant les résidences ducales. L'Opéra de Léopold fut construit par l'architecte-décorateur italien Francesco Galli, dit Bibiena (1659-1739). Originaire de Bologne, celui-ci conçut l'Opéra de Vienne (1704), avant de venir travailler à Nancy en 1707. L'impact important que le théâtre de Vienne eut sur ses contemporains et probablement sur les ambassadeurs lorrains à Vienne, nous fit retenir les liasses concernant leurs correspondances avec le duc, avec l'espoir de trouver quelques mentions du théâtre ou de son concepteur.

Afin de conforter ce choix et éventuellement de l'étoffer, nous avons alors consulté la table des index. Dans l'index des noms de lieux, les villes italiennes de Bologne et de Mantoue, où Bibiena travailla, retinrent notre attention. Les liasses correspondantes ne convenaient pas aux critères choisis. L'index des matières n'apporta pas plus d'informations que ce que les intitulés des chapitres n'offraient déjà. L'index des noms de personnes se révéla moins décevant. Le charpentier Jadot et le maître de musique Desmarest renvoyaient à des liasses déjà sélectionnées. Mais les noms de l'intendant des bâtiments, Christophe André, et du secrétaire d'état, M. de Mahuet, nous aiguillèrent sur deux nouvelles liasses susceptibles de nous intéresser.


2.1.2 Analyse des liasses


Par commodité, nous présenterons cette analyse en suivant l'ordre de classement des liasses et non l'ordre de dépouillement effectif qui commença par la seule liasse mentionnée par Michel Antoine.( AD54 : 3F412)

Chap. I : Correspondance générale

3 F 7 : Correspondance du duc de Lorraine à ses envoyés à l'étranger (1698-1728)
- Résultat : néant.

3 F 8 : Correspondance du duc de Lorraine (1699-1733)
- Résultat : néant.

Chap. V : Relations des états ducaux avec l'Empire

3 F 130 : Correspondance du comte des Armoises avec la cour de Lorraine (1677-1711)
- Résultat : néant.

Chap. XVI : Hôtel ducal

3 F 233 : Maison civile et militaire du duc ( 1699-1733)
- Récapitulatif des dépenses pour une représentation d'Opéra s'élevant à 6309 Livres. ( s.d.)
3 F 234 : Cassette ducale (1702-1723)
- n 43 : Mémoire concernant la Musique et la Comédie. Avance de 2000 Livres faite par Paquotte pour les Menus Plaisirs de S.A.R. (18 Sept. 1707). Il faut souligner que cette liasse comporte de nombreuses lacunes qui ne permettent pas de suivre les comptes personnels du duc d'une année sur l'autre.
3 F 249 : Résidences ducales (1706-1733)
Cette liasse nous réserva deux surprises, l'une concernant le château de Bar, l'autre le château de Lunéville. Si nous connaissions l'existence du théâtre du château de Lunéville, nous ignorions celle d'un théâtre permanent au château de Bar.
- n 1 : Inventaire des meubles du château de Bar (9 Nov. 1710).
" En la salle de comédie, il y a un théâtre et un amphithéâtre de bois de sapin... "
-n 3 : Mémoire des réparations à faire au château de Bar.
Réparations nécessaires dans la salle de comédie (9 Nov. 1710).
-n 29 : Devis des ouvrages à faire pour la construction d'une salle de comédie au château de Lunéville. (1733) Plan de la salle avec bâtiments proches.
-n 30 : Devis des ouvrages à faire pour la construction de la salle de comédie ordonnée par S.A.R. Madame. Devis détaillé s'élevant à 14 801 Livres, signé par Cleret.
3 F 289 : Dettes et créances des ducs de Lorraine ( 16326-1729).
-n 78 : Traité passé en 1716 entre le marquis de Lambertye et Desmarest au sujet de l'organisation de la musique de la cour.

Chap.XXXIV : Finances.

3 F 291 : États et mémoires concernant les finances du duc de Lorraine (1698-1709).
-n 26 : Appointements des officiers de la couronne pour un trimestre de 1707. L'Intendant André, les maîtres de musique Desmarest et Regnauld, ainsi que neuf musiciens sont gagés.
-n 35 : Comptes de l'année 1708 dressés par le Sieur Gayet, receveur général des finances de S.A.R.
Dépenses pour la salle de comédie.......1262 Livres. Il ne s'agit pas de l'Opéra de Bibiena mais probablement de la " salle neuve " du corps de logis de Charles III, où se déroulaient habituellement les représentations.
-n 37 : État abrégé du compte annuel de 1709. Dépense de 1720 Livres pour les comédiens pour le mois d'avril.
3 F 292 : État et mémoire concernant les finances du duc de Lorraine (1711-1713).
-Résultat : néant.

Chap.XLII : Ambassade en Autriche et en terre d'Empire.

3 F 411 : Correspondance de la cour de Lorraine avec Charles Parisot, envoyé à Vienne et aux Pays-Bas (1698-1708).
-Résultat : néant.
3 F 412 : Correspondance adressée par le comte Sauter de Mansfeld à Charles de Parisot (1701-1711).
Cette liasse signalée par Michel Antoine était la seule où nous étions certain de trouver des renseignements sur le théâtre. Douze documents font en effet allusion à la vie théâtrale au château de Lunéville ou à celui de Nancy. Voici les plus importants :
-n 92 : 13 janvier 1708. Lunéville. S.A.R. Madame est " actuellement à la répétition d'un opéra appelé Thésée ou elle dansera et Mesdames les deux princesses Aînées. Le peintre italien qui a fait le théâtre de l'empereur travaille à faire une nouvelle décoration... "
-n 94 : 10 février 1708. Lunéville. " ...L'on a représenté hier l'opéra Thésée pour la seconde fois. C'estoit le plus beau spectacle qui se soit veü en Lorraine. La scène que les Italiens ont fait a esté plus belle que celle du peintre François. S.A.R.Madame a dansé avec tous ce qui danse à la Cour... "
-n 176 : 28 juin 1709. Lunéville. " Le peintre italien, qui se nomme " il Sig' Francesco Bibiena et qui est de Bologna, se marit à Nancy avec la fille du tapissier de S.A.R. Mitté ; Il y est pour faire un théâtre ayant fait très bien celui qui, est à la cour de Vienne... "
-n 207 : 25 octobre 1709. Lunéville. " Nous avons ici un italien fameux qui a fait un théâtre à Nancy. Comme il est maintenant achevé, Madame ira ces jours pour y faire représenter touttes les machines dont ce lieu est capable. S.A.R. ne sera pas de ce divertissement à cause qu'il y a une garnison étrangère... "
-n 208 : 08 novembre 1709. Lunéville. " S.A.R.Madame ira à Nancy pour veoir un spectacle en musique qu'on représentera au nouveau théâtre. "
-n 209 : 15 novembre 1709. Lunéville. " La feste de S.A.R. a esté achevé par un bel opéra tout neuf qu'on avoit pourtant présenté la première fois au nouveau théâtre à Nancy la semaine passée... "



2.2 SECONDE PHASE DE DÉPOUILLEMENT


Après un bilan critique, cette phase permet au chercheur d'approfondir ses recherches, en affinant sa sélection initiale ou en sélectionnant de nouvelles pistes.


2.2.1 Sélection de nouvelles liasses


Cette première phase de dépouillement nous incita d'une part à approfondir notre recherche sur les finances du duc Léopold, d'autre part à nous orienter dans une nouvelle direction. Désirant trouver de nouveaux documents relatifs au théâtre de Lunéville, nous examinâmes les liasses relatives aux finances ducales sous François III ainsi que la correspondance d'Élisabeth Charlotte vers 1734. L'index des noms de lieux ( Lunéville), et celui des noms de personnes ( Cleret, Elisabeth-Charlotte, Mahuet), nous firent consulter cinq nouvelles liasses de correspondances et cinq autres concernant les finances ducales sous Léopold et François III.



2.2.2 Analyse des liasses


3 F 20 : Correspondance adressée à Sauter de Mansfeld (1700-1721)
Le nom du contrôleur des bâtiments Philippe Cleret nous remit sur les traces de Bibiena :
-n 105 : Lettre du 15 février 1710 de Cleret, au sujet d'une décoration de Bibiena.
" La décoration que vous avez ordonné de la part de S.A.R. est achevée et pausée, je crois que L.A.R. en seront contente puisque pertinement elle est fort belle et d'un bon goût (...) cette décoration ne sera pas d'un grand service s'y elle n'est accompagné d'une seconde pour pouvoir en faire le changement et faire voir ensuite la grande décoration de Mr Bibien ce qui ne se pourra faire sans cette adition,(...) Comme le sieur Baril n'a plus rien à faire, il attend la dessus vos ordres, c'est un homme à mon avis que l'on doit faire travailler tandis que l'on le tien (...)La décoration qui est faite se monte à 800 Livres et celle que l'on fera ne coûtera pas autant (...) ".
3 F 22, 3 F 23, 3 F 24 : Correspondance de la duchesse douairière Élisabeth Charlotte au duc François III ( 1729-1735).
L'attitude distante de François III à l'égard de sa famille, la guerre de succession de Pologne et la question de la session de la Lorraine ne laissent guère de place dans ces échanges épistolaires au théâtre, sinon à celui où se déroulent les opérations militaires. La seule mention rencontrée concerne la troupe de comédiens de François III.1
3 F 24 : Correspondance (1729-1735)
-n 122 : 29 janvier 1737. Vienne. Mémoire de François III à l'intention de son secrétaire Molitaris, concernant les dispositions à prendre pour le transport de ses meubles et autres effets à Bruxelles. François précise qu'il " compte garder à son service sa troupe de comédie et l'envoyer à Bruxelles... "
3 F 344 : Correspondance adressée à Barrois par Jean-Baptiste et Marc-Antoine Mahuet (1698-1708).
-Résultat : néant.
Dans le fonds de Vienne, les finances du duc Léopold laissèrent peu de traces des nombreuses représentations théâtrales qui eurent lieu à sa cour.
3 F 293 : États et mémoires relatifs aux finances du duc de Lorraine (1714-1718)
-n 24 : Comptes du receveur général des finances du 15 juillet 1715 au 24 août suivant.
" A Richard Vien, maçon, acompte pour les ouvrages qu'il a fait au nouveau bastiment ou estoit l'ancienne salle de comédie......2x4000 Livres. " Il s'agit du bâtiment de Charles III, reconstruit à cette époque.10
-n 30 " Estat des gages pour le mois de nove2 mbre 1717 " : Cinq acteurs et le décorateur La Tour sont gagés.
-n 34 État des dépenses de 1717 : Des ouvriers reçoivent 2 215 Livres pour avoir " travaillé à la décoration du théâtre pour la représentation du Bourgeois gentilhomme ".
3 F 294 : Comptes divers des finances des ducs de Lorraine (1623-1735).
-Résultat : néant.
3 F 297 : Mémoires, états, projets et autres pièces relatives aux finances du duc de Lorraine (s.d.)
-Résultat : néant.
La consultation des liasses du duc François III nous fut plus profitable.
3 F 299 : Finances du duc François III (1732-1733).
-n 43 : État des dépenses pour les six derniers mois de l'année 1733.
De septembre à décembre, le maçon Jean Mique et le charpentier Jadot, dit l'Aîné, reçoivent des acomptes pour le bâtiment de la comédie de Lunéville. En décembre, le serrurier Desoeuillet et le couvreur Liebaut apparaissent dans les comptes ce qui indique que le gros oeuvre est terminé.
3 F 300 : Finances du duc de Lorraine François III (1734).
-n 1 : État général des recettes et dépenses pour l'année 1734, renvoyé par François III à son conseil des finances : le trésorier n'accorde que 15 000 Livres pour la construction de la salle de comédie de Lunéville, car " S.A.R. Madame a envoyé le devis de cette salle qui ne se monte pas à 15 000 Livres. "
-n 5 : État prévisionnel des dépenses envoyé à François III.
" On construit par ordre de S.A.R. Madame une salle de Comédie à Lunéville qui coûtera environ 30 000 Livres. "
État des gages de 1734, compte " Comédie " : Seize comédiens et le décorateur La Tour sont gagés en 1734.
État des dépenses faites pour les huit premiers mois de l'année 1734 : le total de la salle de comédie s'élève à 11 585 livres 14 sols et dix deniers. Il faut ajouter à cette somme 9 435 livres déjà dépensées en 1733. La salle avait donc coûté à cette date 21 020 livres, dépassant largement les 14801 livres du devis de 1733.
État des dépenses faites pour les " bastiments, jardins, bosquets, bastiment de Monseigneur et nouvelle salle de commédie. " : Outre Jadot " l'aîné ", Jean Mique, Liebaut et Desoeuillets, sont mentionnés dans ces comptes comme ayant travaillé à la comédie, le " jeune " Jadot, futur architecte, le menuisier SéBastien Doron, les serrurier Francis et Nicolas Barthélemy, le peintre Claude Charles, et les sculpteurs Guibal, Vallier " Père " et Vallier " Fils ".
-n 6 État de la dépense des quatre derniers mois de 1734 : la salle de comédie n'y figure plus mais le conseil précise qu'il est " redû sur les ouvrages faits pour la construction de la salle de comédie environ 10 000 livres.
-n 8 : " Réponse du conseil des finances aux différentes dépêches de S.A.R. dattées de Presboug des 21 et 22 Xbre 1733.(...)Article 31 : Nouvelle salle de comédie. Le conseil des finances a tiré pour la construction de cette salle 30 000 livres et S.A.R. n'accorde que 15 000 livres sous le prétexte que le devis qui luy a été envoyé ne porte que 15 000 livres, mais ce devis ne porte qu'une couverture de thuilles et on la couvre à présent en ardoise et en plomb ce qui coûtera au moins les 30 000 livres. "
3 F 301 : Finances du duc de Lorraine François III.(1735)
La comédie n'apparaît plus dans les dépenses.
-n 3 : État des gages de 1735. " Plaisirs " : Le surintendant de la musique Desmarets, onze musiciens et un magasinier sont gagés. " Comédie " : Seize musiciens ainsi que le " décorateur et souffleur " La Tour sont gagés.
Ce nouveau dépouillement nous a donc permis de trouver des documents précieux sur le théâtre de Lunéville et quelques précisions sur l'Opéra de Nancy.


 

3 OBSERVATIONS


Cette étude appelle quelques réflexions. Au-delà de l'intérêt qu'offrent ces documents pour l'histoire ou l'histoire de l'art en général et pour nos recherches en particulier, cette présentation pose concrètement le problème de la méthode en Histoire et celui des sources trop souvent lacunaires. Combien de recherches historiques se sont-elles prématurément achevées faute de sources ?

Sur le plan de la méthode, il semble qu'une bonne connaissance des instruments de recherche est indispensable, avant tout dépouillement aux archives. Notre point bibliographique nous a apporté une meilleure connaissance du fonds " de Vienne ", nous permettant d'orienter immédiatement notre recherche. Cette étape, grandement facilitée par l'inventaire du fonds, nous a permis de sélectionner les liasses susceptibles de nous intéresser. Pour nos recherches, la consultation des séries d'archives relatives aux finances et aux propriétés nous paraît prioritaire. En l'absence d'un inventaire détaillé, le choix des liasses eut été plus délicat et un dépouillement systématique se serait imposé. Dans tous les cas, la progression doit se faire méthodiquement, en adaptant régulièrement son questionnement aux nouvelles données sans perdre de vue l'objet des recherches en cours.

Pour pallier l'état lacunaire des sources d'archives, deux solutions semblent s'imposer. La première consiste à chercher de nouvelles sources. Dans le cadre de cette étude sur le " fonds de Vienne ", il nous faudrait confronter les documents de ce fonds avec les archives de la Chambre des comptes, conservées également aux Archives départementales à Nancy et les archives communales de Lunéville. La seconde solution consiste à utiliser les sources déjà exploitées, qu'elles soient manuscrites ou imprimées, ainsi que les ouvrages relatifs au sujet traité.
L'inventaire des sources relatives aux théâtres en Lorraine, du XVIe au XVIIIe siècle, à fait l'objet d'un mémoire détaillé, présenté aussi sur ce site dans le dossier " Théâtres ".


NOTES


ANTOINE (Michel) : "L'Opéra de Nancy", Le Pays Lorrain n 1, pp 1-23. 1965. DIETERLEN (Maurice) : "Le fonds lorrain aux Archives de Vienne", Mémoires de la Société d'Archéologie Lorraine, pp. 5-52. 1913. BITTNER (L.) : "Gesamtinventar des wiener Haus-Hof-und-Staats archiv", Das Lothringische Hausarchiv nach Vorarbeiten Von Otto Brunner und Jacob Seidl, t.II. Vienne. 1937. COLLIN (Hubert) : Guide des archives de Meurthe-et-Moselle. Nancy : Collection nationale. 1984.Le cachet portant la mention "Haus-Hof-und-Staats archiv", figurant sur certaines pièces, rappelle ce cheminement. MAROT (Pierre) : Inventaire sommaire des Archives départementales de Meurthe-et-Moselle antérieures à 1790. Nancy. 1956.AD 54 : 3 F 412
Philippe Sigisbert Cleret, architecte et contrôleur des bâtiments.
Il y est bien question d'une "salle des machines", dont les machines doivent être confiées à Vayringes, mais il s'agit d'une sorte de "laboratoire de physique expérimentale". AD 54 : B 1650. Adjudication des travaux du 15 mai 1715.

  8/11   

  Art Nouveau
  Cathédrale
  Abbaye
  Théâtres
 

Jacques Callot, " Primo intermedio...", estampe, 1616.
 
  ACCUEIL | PLAN | RECHERCHE | DOSSIER | CONTACT |