Hormis les Écoles de lutherie française et italienne, il faut mentionner
l'École de lutherie allemande et l'École de lutherie flamande. Sans
qu'il y ait eu véritablement d'École de lutherie dans ces pays,
nous devons mentionner l'Espagne et l'Angleterre. L'Espagne connut
une période faste pour la lutherie au XVIIIe siècle, quant à l'Angleterre,
elle s'illustra au XIXe siècle.
La lutherie flamande, comme le montrent les innombrables tableaux
des maîtres hollandais et flamands, se développa au XVIIe siècle.
La production était alors de qualité très inégale. La production
du violon ne supplanta celle des vièles qu'au XVIIIe siècle.
La lutherie allemande s'est développée à Füssen dès le XVIe siècle.
La production de violons ou Geige a remplacée peu à peu celle des
vièles. Au XVIIe siècle, l'Autriche connut aussi son Stradivari
en la personne de Jacobus Stainer (1617-1683), un élève de Nicolo
Amati. Les instruments de ce luthier d'exception, construits entre
1638 et 1682, connurent, dès cette époque, une gloire méritée. Sa
production a influencé durablement certains luthiers de l'École
italienne, comme Montagnana ou Seraphin, mais aussi l'École anglaise
et l'École française du XVIIIe siècle. Au XVIIIe siècle le centre
de la lutherie allemande se déplace de Füssen à Mittenwald. La famille
de luthiers Klotz s'y illustre alors. De nombreuses autres villes
impériales, telles Prague, Nuremberg ou Vienne, accueilleront des
luthiers originaires de Füssen et influencés par l'incontournable
Jacobus Stainer.