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LES HOMMES
FAUSSAIRES : DE LA COPIE AU FAUX |
Les faux Stradivari, comme beaucoup d'instruments étiquetés Guarneri
del Gesù ou Bergonzi, sont nombreux. Il faut distinguer les faux,
fabriqués en série, des faux réalisés par de véritables maîtres
luthier. Les premiers, rapidement maquillés avant commercialisation,
ont souvent simplement reçu une étiquette, leur conférant une origine
prestigieuse. Un simple coup d'œil suffit à lever la supercherie.
Les seconds exigent un examen plus attentif pour être démasqués.
Le vrai faussaire ne se contentait pas d'imiter un modèle ancien,
ce que tout bon luthier doit être capable de faire, ni même de le
copier à l'identique, il s'employait à faire passer son instrument
pour un ancien, généralement un instrument de maître. Comme en peinture,
où l'art du faux est une pratique marginale, mais constante depuis
le XIXe siècle, le but mercantile de cette manipulation revêtait
parfois les vertus d'un exercice de style. L'instrument, bien que
faux, présente alors aujourd'hui des qualités indéniables. Dès la
seconde moitié du XVIIIe siècle, Giovanni Battista Guadagnini (1711-1786)
copie des instruments d'Antonio Stradivari. Plus tard, certains
luthiers français, tel Jean-Baptiste Vuillaume (1798-1875), érigeront
cette pratique en véritable art. Il ne s'agit pas ici de faux, mais
de parfaites copies à l'identique. La différence, entre ces copies
à l'identique et les faux, fut parfois sublimée dans un but mercantile.
Au cours du XIXe siècle et au début du XXe siècle, la lutherie semi-industrielle
des centres de production français et allemand copia systématiquement
les maîtres de Crémone. Durant cette période, les maîtres étaient
copiés en série et non plus seulement imités de manière artistique.
Généralement, les instruments étaient étiquetés comme étant des
copies de ces maîtres. Parfois, ils étaient simplement étiquetés,
par des marchands peu scrupuleux, comme étant de la propre main
des maîtres italiens. Il ne s'agissait donc plus de copies, mais
bien de faux, souvent de médiocre qualité.
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Faux violon XVIIIe, détail du chevillier.
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