Les premiers violons de forme actuelle apparaissent dans le premier
quart du XVIe siècle en Italie, mais les plus anciens instruments
conservés ne datent que de la fin du XVIe siècle. Les documents
écrits et l'iconographie
nous confirme cependant l'existence du violon dès les années 1520.
Le registre de l'année 1523 de la Trésorerie générale de Savoie,
ou un retable de Gaudenzio Ferrari de 1529, nous renseignent à ce
sujet. Le retable de Ferrari (c.1475-c.1546), la Madone des orangers
de l'église Saint-Christophe de Verceil, nous montre un ange tenant
un archet et un violon formellement reconnaissable.
La coupole de la cathédrale de Saronno, peinte également par Ferrari
en 1535, nous montre tous les instruments de la famille du violon,
violon, alto et violoncelle, jouant en concert, preuve de la maturité
technique de l'instrument. A partir de cette époque, le terme "
violon " désigne bien l'instrument que nous connaissons.
Entre le violon signé Linardo de 1581 et les violons d'aujourd'hui,
les différences sont peu importantes. On a modifié
de quelques millimètres la longueur, d'un ou deux millimètres
l'épaisseur, c'est peu ! Cette évolution s'explique
moins par le conservatisme des facteurs de violon que par l'équilibre
formel atteint par l'instrument dès le XVIe siècle.
Sur le plan acoustique, toute innovation s'est avérée
inefficace. Ainsi, la forme, les dimensions, la masse, la structure
et l'assemblage du violon sont restés inchangés depuis
Antonio Stradivari (1644-1737).