Ce sont les Italiens qui ont donné au violon ses lettres de noblesse,
en faisant de lui l'instrument de prédilection des opéras et bien
sûr des sonates. Sa suprématie dans la musique occidentale s'est
alors affirmée et s'est maintenue sans défaillance pendant près
de trois siècles.
En France, le violon ne s'est imposé à l'orchestre que dans les
années 1660, grâce à Lully (1632-1687). Utilisé originellement
pour l'accompagnement de danses ou de chants à deux voix, le violon
fut d'abord considéré comme un instrument populaire, propre aux
" mômeries et autres danseries ". La sonorité du violon, plus riche,
plus brillante que celle des violes en usage aux XVIe et XVIIe siècles,
est à la fois la cause de son succès et de la méfiance dont il a
été longtemps l'objet de la part des musiciens en Europe. " Nous
appelons violes celles desquelles les Gentilhommes, Marchantz et
autres gens de Vertuz passent leur temps...et le violon... pour
conduire quelques noces ou mômeries " pouvait écrire Philibert Jambe
de Fer en 1556. C'est donc en tant qu'instrument à danser que le
violon s'introduit au XVIe siècle à la Cour de France.