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CONSÉCRATION DU VIOLON
DE LA TAVERNE À LA COUR
Gerrit van Honthorst, Le joyeux violoniste, 1623.

Ce sont les Italiens qui ont donné au violon ses lettres de noblesse, en faisant de lui l'instrument de prédilection des opéras et bien sûr des sonates. Sa suprématie dans la musique occidentale s'est alors affirmée et s'est maintenue sans défaillance pendant près de trois siècles.

En France, le violon ne s'est imposé à l'orchestre que dans les années 1660, grâce à Lully (1632-1687). Utilisé originellement pour l'accompagnement de danses ou de chants à deux voix, le violon fut d'abord considéré comme un instrument populaire, propre aux " mômeries et autres danseries ". La sonorité du violon, plus riche, plus brillante que celle des violes en usage aux XVIe et XVIIe siècles, est à la fois la cause de son succès et de la méfiance dont il a été longtemps l'objet de la part des musiciens en Europe. " Nous appelons violes celles desquelles les Gentilhommes, Marchantz et autres gens de Vertuz passent leur temps...et le violon... pour conduire quelques noces ou mômeries " pouvait écrire Philibert Jambe de Fer en 1556. C'est donc en tant qu'instrument à danser que le violon s'introduit au XVIe siècle à la Cour de France.

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Jan Steen, 1665.
Jan Steen, Détail d'une scène d'auberge, 1665.