A l'époque baroque, diverses essences ont été
utilisées dans la fabrication des violons, notamment pour
le cordier, la touche ou les chevilles. Les premiers violons de
la renaissance, antérieurs à 1600, et de l'époque
baroque, antérieurs à 1750, avaient un manche plus
court et plus épais, dans le prolongement de la table d'harmonie.
La touche était également plus courte, limitant le
jeu du violoniste à environ sept positions. La hauteur du
chevalet dépendant de l'inclinaison du manche, il était
plus bas et placé plus près du cordier. La pression
exercée par les cordes sur la table d'harmonie étant
moindre, la barre d'harmonie était plus fine et moins longue
qu'aujourd'hui. Les cordes étaient en boyau naturel, généralement
de mouton. La corde sol a été filée de métal,
à partir des années 1660. Les premiers archets en
forme d'arc étaient également différents de
ceux que nous connaissons. L'archet baroque mesurait entre 60 et
70 centimètres. La forme légèrement concave
actuelle, avec son col de cygne, ne s'impose que progressivement
dans le dernier tiers du XVIIIe siècle. Le modèle
Tourte apparaît vers 1770.
Les principales modifications du violon sont donc intervenues entre
1730 et 1830. Pour s'adapter à des salles plus grandes et
à des solistes virtuoses plus exigeants, on demanda à
l'instrument une tonalité plus forte et plus brillante. La
tension des cordes fut donc augmentée, entraînant de
ce fait le basculement du manche vers l'arrière. La plupart
des violons des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles ont été
modifiés dès la fin du XVIIIe siècle et tout
au long du XIXe siècle afin de convenir à ces nouvelles
exigences. Avec le regain d'intérêt pour la musique
baroque, certains de ces instruments, une minorité, ont été
restaurés au XXe siècle dans leur état d'origine
supposé. Des violonistes, tel que Sigiswald Kuijken ou Fabio
Biondi, soucieux de jouer sur des instruments proches de ceux pour
lesquels les compositeurs avaient composé, ont donc remis
ces violons au montage baroque sur le devant de la scène.