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RESTAURATION
DE
LA CATHÉDRALE DE METZ
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14/20 |
Après la taille de la pierre en atelier, la pose est effectuée sur place. Il faut distinguer la pose des éléments sculptés de celle des carreaux.
Les éléments sculptés, épannelés selon les panneaux, sont fixés à l'aide de goujons ou d'agrafes en cuivre, et collés. La colle remplace aujourd'hui le plomb, systématiquement utilisé au Moyen Âge pour sceller les goujons de renfort des parties sculptés. A cette époque, le plomb était coulé dans des canaux, creusés dans les blocs des sculptures à poser. Ces petits canaux irriguaient les éléments sculptés jusqu'à leur base, assurant ainsi rigidité et adhérence entre les éléments sculptés. Cette technique originale fut notamment utilisée pour les fins remplages des fenêtres hautes de nos cathédrales, qui n'auraient pu tenir sans cette technique. Aujourd'hui, le collage à la résine est sévèrement contrôlé par l'architecte des Monuments historiques, car toute restauration doit rester réversible. La colle utilisée est composée d'un mélange de résine et d'un durcisseur, et sèche en moins de trente minutes.
Le tailleur perce l'élément à poser, et la pierre restaurée en place, d'un ou de plusieurs orifices, destinés à recevoir les goujons de cuivre. Il coupe ensuite une barre de diamètre adapté à ces trous de fixations, enduit de colle les goujons obtenus, et assemble les faces à coller. Il cale l'élément posé avec une cale de plomb, et des coins de bois, éventuellement avec un serre-joint, en prenant soin de conserver un espace de 3 à 5 mm autour de l'élément neuf, pour le joint définitif. Après séchage de la colle, le tailleur peut sculpter sa pièce en suivant les moulures et profils des pierres voisines. Il utilise alors une massette et un ciseau, puis un rabot et une râpe, avant de vérifier les raccords de joints, les plans devant être au même niveau. Pour terminer, il laye finement au ciseau les faces de l'élément neuf, et égrène les angles et les arêtes à l'aide d'une brosse métallique. Le joint est exécuté plus tard, au moment du ragréage.
Le scellement des carreaux est une opération naturellement différente de la pose des éléments sculptés. Elle consiste à compléter les endroits refouillés du parement par des pierres neuves. Dans l'évidement, deux cales de plomb de 5 à 6 mm d'épaisseur sont disposées vers le bord extérieur du lit d'attente du carreau inférieur. Elles ménagent un espace correspondant au joint inférieur, comme le faisaient déjà les ardoises de l'époque médiévale, que l'on retrouve dans les anciens joints de mortier. Une encoche taillée dans le bas de la pierre, au fond de la cavité, reçoit une cale de bois reliée à un fil de fer. Après la pose, ce fil permettra d'ajuster l'assiette du carreau en tirant plus ou moins dessus. Le carreau, soulevé si nécessaire par un palan, est encastré dans la cavité, mis d'aplomb à l'aide du fil et d'un pied-de-biche, avant d'être calé par des coins de bois. Le carreau devant s'intégrer parfaitement à l'appareil, son niveau est de nouveau vérifié. Le jointoiement peut alors être effectué.