RESTAURATION DE LA CATHÉDRALE DE METZ
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OPERATIONS D'UN CHANTIER DE RESTAURATION

JOINTOIEMENT, REJOINTOIEMENT, RAGREAGE

Par commodité, nous avons présenté l'opération de jointoiement, ultime étape du remplacement d'un élément, avec les différentes opérations de ragréage et de remise en état, de même nature.

Agrandissement

Le jointoiement se fait en trois étapes successives. Mais avant tout, il faut préparer le mortier. Le gâchage du mortier consiste à mélanger de la chaux naturelle, du sable et de l'eau en plus ou moins grande quantité. La première étape du jointoiement consiste à couler un mortier liquide, ou coulis, dans l'espace laissé libre autour du carreau. Il faut alors calfeutrer les joints à l'aide de papier humide, pour retenir le coulis dans le joint. L'étanchéité doit être parfaite pour éviter toute coulure sur le parement, difficile à nettoyer. Cette technique est délicate lorsqu'elle est appliquée sur plusieurs hauteurs d'assises.


Agrandissement

A Metz, cette opération fut effectuée sur une hauteur d'assises importante, pour jointoyer le premier contrefort nord, fortement disjoint, et où cette opération demanda deux jours. Ce disjointement spectaculaire remontait au XVIIIe siècle : le 30 Avril 1764, la décompression des terres, causée par le creusement des fondations du portail de Blondel en façade, avait entraîné un désordre structurel de la façade et du contrefort nord. Celui-ci avait été aussitôt consolidé par des agrafes, qui avaient depuis cette date fait éclater la pierre. Ces agrafes furent supprimées en 1994 au moment de la restauration des travées nord.

Agrandissement

Lorsque le carreau est encastré, le coulis est versé à l'aide d'une goulotte, reposant sur le joint supérieur, ou insérée dans un orifice percé obliquement dans l'assise supérieure. Lorsque plusieurs nouvelles assises sont jointoyées, le coulis est versé par étapes : la pression du coulis peut, en effet, faire sauter les joints de papier, voire déchausser les assises inférieures. La seconde étape du jointoiement consiste à faire le fond de joint. Après séchage du coulis, le papier est retiré des joints. Un mortier compact, de même composition que le coulis, est tassé à l'aide d'une truelle ou d'une langue-de-chat, au fond des joints. Ce mortier solidifie le joint et facilite l'accrochage de la couche de finition. Il n'est utilisé que pour les joints larges ou profonds : les joints étroits sont directement comblés par du mortier de finition. La troisième étape consiste à appliquer le mortier de finition, à l'aide d'un fer à joints.

Ce mortier contient, outre les composants habituels, des colorants adaptés à la couleur de pierre. A Metz, on ajoutait au mortier de la terre de Sienne, de la poussière de pierre de Jaumont et de l'oxyde de fer pour teinter le joint. Après séchage partiel, le joint est gratté à l'aide d'une langue-de-chat et d'une carde, afin qu'il affleure le parement. Si le joint est sec, il faut alors passer une patine, parfois à base de thé et de sel d'alun, agent fixateur de la teinture. Une éponge est ensuite passée de part et d'autre des joints, pour nettoyer les traces de mortier sur la pierre. Pour les opérations de ragréage et de rejointoiement, les étapes sont identiques, et dépendent de l'état des joints à restaurer.

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