LES VITRAUX D'HERMANN DE MÜNSTER DE LA CATHÉDRALE DE METZ
26/30 Page précédentePage suivante

 

ETUDE STYLISTIQUE DE LA VERRIÈRE OCCIDENTALE DE LA CATHÉDRALE DE METZ

Il semble que le style d'Hermann de Münster soit à rattacher au contexte Westphalien. Son oeuvre est proche en particulier de celle du maître d'Altenberg, de l'église abbatiale d'Altenberg, près de Münster. Chez ce maître, nous retrouvons le même type de figures, avec néanmoins plus de rigidité, et moins d'expressivité. Les personnages de la partie inférieure de la verrière, aux poses souples, richement vêtus, se tiennent dans des niches particulièrement colorées. L'emploi de verres plus épais, aux tons plus soutenus qu'en France, loin d'être un archaïsme, témoigne encore de cette influence rhénane. L'architecture des niches, à la profondeur saisissante, aux dimensions considérables, est d'ailleurs réalisée en verres très clairs, ce qui témoigne des ressources artistiques du maître verrier.

Agrandissement

La technique d'Hermann de Münster se révèle donc dans l'utilisation d'une palette variée: la luminosité, obtenue par l'emploi généreux de verres blanc dans les quatre lancettes centrales du registre supérieur, évite l'effet d'écrasement induit par la hauteur des lancettes latérales. Sur le plan de la composition des panneaux, Hermann reprend la solution lisible et économique, apparue en Champagne à la fin du XIIIe siècle, consistant à placer des figures isolées sous des baldaquins architecturaux décorés de grisaille. Sa science de la composition se manifeste par une manière plus vigoureuse dans les quatre panneaux extrêmes du registre supérieur, où il atténue l'impression d'étirement.

Le Maître verrier assure donc l'équilibre de sa composition en faisant à la fois contraster les couleurs, des fonds décoratifs, et les volumes, des dais d'architecture. Le traitement des figures, aux poses souples, presque maniérées, et la personnalisation des visages, annoncent le mouvement du gothique international, et explique la diversité des influences que l'on peut y déceler. La personnalité d'Hermann se révèle surtout dans la finesse du rendu, à la grisaille des visages individualisés des personnages des lancettes. Elle ne se retrouve pas dans le dessin plus grossier de la partie supérieure, dans celui des anges notamment, ce qui peut s'expliquer par la hauteur de la verrière, ou par le travail de son atelier.


Page d'Accueil
Page précédentePage suivante